Le 26
juin
G.O.D (Gimmick Of
the Day)
"Deux îles
flottantes, un peu de caramel et beaucoup de crème anglaise
– Remuez doucement – Cuisinier, pompier, même
combat, ce sont des métiers qui s’apprennent
debout… sur le tas"
De mon balcon, je
vois les îles dériver – Du dix-huit ans à
peine, 90 D à vue de nez – Liner blanc en fond de
piscine, eye-liner noir autour de ses yeux qui dégoulinent
– J’ajuste mes lunettes, elle a un grain de
beauté au-dessus de la lèvre
–
Elle écoute
une musique de merde, je l’entends d’ici - Sur le dos,
il n’est plus que ses îlets qui
s’écartent, s’engloutissent et reviennent, plus
durs, plus luisants encore – Il n’est plus que son
charme aquatique et cette musique de merde – Quelques bulles
remontent en surface au large des îles – Péter
dans une piscine est un luxe de jeune fille – Et puis, sous
les bulles, une tête apparaît – Des poils courts
et de grosses narines tuméfiées – Une bouche
crachotante qui tousse, puis deux gros bras hirsutes et un torse
tapis de cheveux torsadés – La tête du
Mâle sortant de la touffe, l’accouchement
obscène du primitif tenant encore sa canette de bière
à la main –
Elle rit à
s’en déchausser les molaires, et il y a toujours cette
musique de merde –
La bouche baveuse de
Winnie l’ourson s’approche et engloutit le sommet
d’une île flottante – La jeune fille se tord,
boit la tasse, et laisse ses yeux pleurer leur mascara-caramel dans
cette grande baignoire-baisoir – Le noir coule comme un sirop
lourd, deux filets noirs qui se déposent au fond, des
galettes de pétrole sur une plage sans blonde
–
Winnie lâche
sa cannette et se met à malaxer le deuxième
îlet comme on écrase une poire à lavement ou
l’on traie une vache laitière – La finesse
d’un char d’assaut, la délicatesse d’un
bulldozer, le rimmel n’a pas l’air de s’en
plaindre, elle l’attrape par les fesses – Il
l’entraîne vers le bord, la retourne devant lui en
s’emmêlant dans ses tresses – Puis, dans un choc
viril l’écrase contre le liner blanc, son menton
rabote la margelle, il lui arrache les cinq centimètres
carrés de tissu qui lui restait – Les îles
écrasées contre la falaise s’aplatissent
– Puis, dans la violence d’une lame de fond, il la
soulève et la fait redescendre d’un coup sec et sans
bavure pour l’empaler sur son menhir poilu jusqu’au
bout du gland – C’est peut-être ça son
truc –
Les îles
jaillissent et s’écrasent comme des bouses sur la
berge – Les yeux ruisselants de noir se cambrent en
arrière – Quel amour, quelle grâce, quelle
innocence – La boule de poils s’agite dans un
léger clapotis – À choisir, je
préférais encore cette musique de merde à ses
halètements fétides –
Puis, dans un
dernier spasme poilu écrasant la cage thoracique de la jeune
fille et déformant ainsi ses îlets à jamais,
l’homo erectus lâche une louchette de crème
anglaise entre les reins de la sirène –
Il lui mord les
cheveux comme pour arracher un trophée, une touffe de poil
qu’il pourra se greffer sur le poitrail, en faire une tresse
de plus sur son tableau de chasse – Les îles retombent
dans l’eau en souriant poliment – Les yeux mi-clos,
comme elle l’a vu à la télé, presque
heureuse de l’instant – Winnie est toujours
emboîté, elle essaie de se dégager doucement
– Winnie s’accroche et puis elle lance
:
- Putain
lâche-moi ! Z-y va, c’est bon là
!
- Ferme ta gueule !
J’essaie ! C’est toi qui serres
!
- Va-z-y,
qu’est-ce tu branles !
- J’y arrive
pas !
Ils restent ainsi
presque deux heures à se débattre – Ils
parviennent à grimper sur le bord, toujours
emboîtés – On dirait une araignée en
train d’arpenter un parquet – En moins souple quand
même – À quatre pattes, toujours en train
d’hurler, ils parviennent à atteindre la table basse
où se trouve le téléphone – Winnie
beugle :
- Putain !
Qu’est-ce tu fous ?
- J’fais
l’18 connard !
- Ça va pas
non ! T’es j’té !
- On n’a pas
l’choix abruti !
Elle appelle
–
Trois minutes plus
tard, mon beeper sonne – Je suis de garde, je suis pompier,
je rappelle le central –
- C’est pour
quoi ?
- Salut vieux ! On a
deux marsouins qui ont baisé dans la flotte et qui sont
restés collés ! C’est juste à
côté de chez toi, au 35 de ta rue, part devant, une
équipe te rejoint dans cinq minutes
!
- Ok
!
Deux minutes plus
tard, en tenue, je sonne à la porte par pure convenance, et
escalade le portail –
J’arrive
d’un air médical vers l’araignée et leur
dit : C’est vous qui avez appelé ?
Elle
éructe : Putain ça s’voit non
!
Winnie cache sa
tête dans le dos de la jeune fille aux seins pendants
–
Je
m’approche : Bon et bien, il n’y a qu’une
solution ! Monsieur ? Monsieur ? il va falloir vous redresser au
maximum afin que je puisse atteindre le…
Les nichons, un peu
paniqués : Qu’est-ce que vous allez me
faire?
Moi, rassurant : Et
bien, il faut décontracter les muscles vaginaux, et pour
cela… Il faut que je vous mette un doigt… Dans
le…
Elle,
ulcérée : Comme ça ? Sans lubrifiant
?
Moi, magnanime
: L’équipe au complet va arriver
dans cinq minutes, si vous voulez, nous pouvons les attendre, ils
en auront !
Et Winnie honteux :
Ça va pas non ! Vous allez pas vous y mettre à quinze
pour nous mater le cul !
Elle,
hystérique : Espèce
d’enculé ! C’est mon cul merde !
Winnie, rassurant :
Ferme ta gueule pétasse !
Moi,
compréhensif : Si vous désirez le faire à ma
place monsieur, c’est simple, je vais vous
expliquer…
Lui, au bord de la
gerbe : Ah non ! C’est dégueulasse ! J’vais
quand même pas aller lui brasser sa merde !
Elle,
désespérée : T’es vraiment un porc
!…
Moi, sauveteur avant
tout : Si vous voulez, je peux vous arranger ça à la
salive… Faites-moi confiance, tout se passera
bien…
Elle, soumise :
Ok… Allez-y…
Et me voilà,
thérapeutique, en train de cracher sur le petit anus
serré d’une jeune fille avant d’y insérer
un doigt, puis deux pour le délire, et ainsi libérer
Winnie-boule-de-poil dans un bruit d’évier qu’on
débouche – Winnie se retire et recule de trois
mètres sur le cul en se tenant la queue à la main
– La jeune fille ne bouge pas, elle a les yeux fermés,
je remue doucement mes doigts et la crème anglaise de Winnie
lui dégouline sur les cuisses – Winnie s’est
sauvé rouge de honte et de colère sans vouloir
attendre mes collègues – Je sors mon
téléphone, appelle le central, suis basculé
sur le VSAB et dis au capitaine : « C’est bon,
c’est arrangé, vous pouvez rentrer ! Je viendrais
pointer l’inter’ tout à l’heure !
»
La jeune fille
s’est allongée sur le côté sans rien dire
– Je me déshabille, m’allonge derrière
elle – Elle se retourne, timide, et je demande à
visiter ses îlets argentés – Je crois même
qu’à cet instant, j’aurais pu l’aimer
–
*******
Et le soir, Sans peur
– Sans paix se dit :
La myopie masculine
tient à ceci, qu’au regard de l'homme, la
beauté transforme la bêtise en
innocence…
Et les Panseurs
pensèrent :
La beauté entre les
mains,
n’est que la promesse du bonheur
entre les
cuisses.
Stendhal
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