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J – 64 : Pompier Forever  (This Fucking Way) posté le mardi 26 juin 2007 10:59

Le 26 juin

 

G.O.D (Gimmick Of the Day)

"Deux îles flottantes, un peu de caramel et beaucoup de crème anglaise – Remuez doucement – Cuisinier, pompier, même combat, ce sont des métiers qui s’apprennent debout… sur le tas"

 

De mon balcon, je vois les îles dériver – Du dix-huit ans à peine, 90 D à vue de nez – Liner blanc en fond de piscine, eye-liner noir autour de ses yeux qui dégoulinent – J’ajuste mes lunettes, elle a un grain de beauté au-dessus de la lèvre –

Elle écoute une musique de merde, je l’entends d’ici - Sur le dos, il n’est plus que ses îlets qui s’écartent, s’engloutissent et reviennent, plus durs, plus luisants encore – Il n’est plus que son charme aquatique et cette musique de merde – Quelques bulles remontent en surface au large des îles – Péter dans une piscine est un luxe de jeune fille – Et puis, sous les bulles, une tête apparaît – Des poils courts et de grosses narines tuméfiées – Une bouche crachotante qui tousse, puis deux gros bras hirsutes et un torse tapis de cheveux torsadés – La tête du Mâle sortant de la touffe, l’accouchement obscène du primitif tenant encore sa canette de bière à la main –

Elle rit à s’en déchausser les molaires, et il y a toujours cette musique de merde –

La bouche baveuse de Winnie l’ourson s’approche et engloutit le sommet d’une île flottante – La jeune fille se tord, boit la tasse, et laisse ses yeux pleurer leur mascara-caramel dans cette grande baignoire-baisoir – Le noir coule comme un sirop lourd, deux filets noirs qui se déposent au fond, des galettes de pétrole sur une plage sans blonde –

Winnie lâche sa cannette et se met à malaxer le deuxième îlet comme on écrase une poire à lavement ou l’on traie une vache laitière – La finesse d’un char d’assaut, la délicatesse d’un bulldozer, le rimmel n’a pas l’air de s’en plaindre, elle l’attrape par les fesses – Il l’entraîne vers le bord, la retourne devant lui en s’emmêlant dans ses tresses – Puis, dans un choc viril l’écrase contre le liner blanc, son menton rabote la margelle, il lui arrache les cinq centimètres carrés de tissu qui lui restait – Les îles écrasées contre la falaise s’aplatissent – Puis, dans la violence d’une lame de fond, il la soulève et la fait redescendre d’un coup sec et sans bavure pour l’empaler sur son menhir poilu jusqu’au bout du gland – C’est peut-être ça son truc –

Les îles jaillissent et s’écrasent comme des bouses sur la berge – Les yeux ruisselants de noir se cambrent en arrière – Quel amour, quelle grâce, quelle innocence – La boule de poils s’agite dans un léger clapotis – À choisir, je préférais encore cette musique de merde à ses halètements fétides –

Puis, dans un dernier spasme poilu écrasant la cage thoracique de la jeune fille et déformant ainsi ses îlets à jamais, l’homo erectus lâche une louchette de crème anglaise entre les reins de la sirène –

Il lui mord les cheveux comme pour arracher un trophée, une touffe de poil qu’il pourra se greffer sur le poitrail, en faire une tresse de plus sur son tableau de chasse – Les îles retombent dans l’eau en souriant poliment – Les yeux mi-clos, comme elle l’a vu à la télé, presque heureuse de l’instant – Winnie est toujours emboîté, elle essaie de se dégager doucement – Winnie s’accroche et puis elle lance :

- Putain lâche-moi ! Z-y va, c’est bon là !

- Ferme ta gueule ! J’essaie ! C’est toi qui serres !

- Va-z-y, qu’est-ce tu branles !

- J’y arrive pas !

 

Ils restent ainsi presque deux heures à se débattre – Ils parviennent à grimper sur le bord, toujours emboîtés – On dirait une araignée en train d’arpenter un parquet – En moins souple quand même – À quatre pattes, toujours en train d’hurler, ils parviennent à atteindre la table basse où se trouve le téléphone – Winnie beugle :

- Putain ! Qu’est-ce tu fous ?

- J’fais l’18 connard !

- Ça va pas non ! T’es j’té !

- On n’a pas l’choix abruti !

Elle appelle –

Trois minutes plus tard, mon beeper sonne – Je suis de garde, je suis pompier, je rappelle le central –

- C’est pour quoi ?

- Salut vieux ! On a deux marsouins qui ont baisé dans la flotte et qui sont restés collés ! C’est juste à côté de chez toi, au 35 de ta rue, part devant, une équipe te rejoint dans cinq minutes !

- Ok !

 

Deux minutes plus tard, en tenue, je sonne à la porte par pure convenance, et escalade le portail –

J’arrive d’un air médical vers l’araignée et leur dit : C’est vous qui avez appelé ?

Elle éructe : Putain ça s’voit non !

Winnie cache sa tête dans le dos de la jeune fille aux seins pendants –

Je m’approche : Bon et bien, il n’y a qu’une solution ! Monsieur ? Monsieur ? il va falloir vous redresser au maximum afin que je puisse atteindre le…

Les nichons, un peu paniqués : Qu’est-ce que vous allez me faire?  

Moi, rassurant : Et bien, il faut décontracter les muscles vaginaux, et pour cela… Il faut que je vous mette un doigt… Dans le…

Elle, ulcérée : Comme ça ? Sans lubrifiant ?

Moi, magnanime :  L’équipe au complet va arriver dans cinq minutes, si vous voulez, nous pouvons les attendre, ils en auront !

Et Winnie honteux : Ça va pas non ! Vous allez pas vous y mettre à quinze pour nous mater le cul !

Elle, hystérique :  Espèce d’enculé ! C’est mon cul merde !

Winnie, rassurant : Ferme ta gueule pétasse !

Moi, compréhensif : Si vous désirez le faire à ma place monsieur, c’est simple, je vais vous expliquer…

Lui, au bord de la gerbe : Ah non ! C’est dégueulasse ! J’vais quand même pas aller lui brasser sa merde !

Elle, désespérée : T’es vraiment un porc !…

Moi, sauveteur avant tout : Si vous voulez, je peux vous arranger ça à la salive… Faites-moi confiance, tout se passera bien…

Elle, soumise : Ok… Allez-y…

 

Et me voilà, thérapeutique, en train de cracher sur le petit anus serré d’une jeune fille avant d’y insérer un doigt, puis deux pour le délire, et ainsi libérer Winnie-boule-de-poil dans un bruit d’évier qu’on débouche – Winnie se retire et recule de trois mètres sur le cul en se tenant la queue à la main – La jeune fille ne bouge pas, elle a les yeux fermés, je remue doucement mes doigts et la crème anglaise de Winnie lui dégouline sur les cuisses – Winnie s’est sauvé rouge de honte et de colère sans vouloir attendre mes collègues – Je sors mon téléphone, appelle le central, suis basculé sur le VSAB et dis au capitaine : « C’est bon, c’est arrangé, vous pouvez rentrer ! Je viendrais pointer l’inter’ tout à l’heure ! »

La jeune fille s’est allongée sur le côté sans rien dire – Je me déshabille, m’allonge derrière elle – Elle se retourne, timide, et je demande à visiter ses îlets argentés – Je crois même qu’à cet instant, j’aurais pu l’aimer –

 

 

*******

 

 

Et le soir, Sans peur – Sans paix se dit :

La myopie masculine tient à ceci, qu’au regard de l'homme, la beauté transforme la bêtise en innocence…

 

Et les Panseurs pensèrent :

La beauté entre les mains,

n’est que la promesse du bonheur entre les cuisses.

Stendhal

 

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